Année début :
1944
Année fin :
1945

Fin novembre 1942 les allemands ont envahi la zone libre suite à la prise de l'Algérie par les alliés.
Nous étions alors à Agen heureux et bien nourris grâce à nos amis de Brax,un village à 7 km de nous.
Mon père qui jusque là dépendait de l'administration de l'état français a vu de plus en plus les allemands s'impliquer dans la réorganisation de la défense du pays,
C'est ainsi qu'il a dû changer d'affectation et de résidence.
Les autorités l'ont affecté à Emberménil, un petit village de lorraine entre Luneville et Cirey sur Vezouze.avec la responsabilité d'une escouade de tirailleurs sénégalais ,sans activités précises.
Nous avons vécu la dans une période de calme, organisés correctement en ayant
même un instituteur pour les quelques élèves.
Puis est arrivé le débarquement de Normandie le 6 juin 1944 avec la libération de Paris fin août et la progression vers Strasbourg, afin d'atteindre la frontière.
Entre temps mon père as souhaité rejoindre le maquis de son village natal.
A Embermenil, nous étions entre les Allemands et les américains.
La technique de guerre des américains est d'épargner la vie des soldats.
Ils n'avancent pas tant qu'ils n'ont pas pratiqués la terre brûlée devant eux.
Ils sont à Luneville et ont installé pour un temps leurs canons au bord de la forêt de PAROY ,tournés vers ceux des allemands, quand les uns tirent les autres attendent.
Nous sommes entre les deux et entendons passer les obus à longueur de journée au dessus de nos têtes.
Pour avoir plus d'efficacité, les américains ont procédé à des bombardements.
Nous en avons subi trois jours de suite, obligeant les habitants à chaque fois que les bombes atteignaient leur but , a changer de maison.
Une bombe incendiaire sur la maison et une sur l'écurie attenante ,obligeant le paysan à libérer les animaux et les lâcher dans la campagne pour éviter qu'ils
Brûlent dans l'incendie.
Le troisième jour c'est notre maison qui a été touchée.
La bombe à perforé le toit ,à ricoché sur le dallage de la cuisine qui était juste au dessus de nous, déviant sa course ,elle a transpercé le plancher de la chambre d’à côté et s'est enfoncé dans le sol de la cave à vingt mètres de nous sans Exploser.
Le ricochet qu'elle a fait, ralentissant sa course, à pu empêcher le percuteur d'agir.
La poussière à envahi l'espace, et dans un même élan, tout le monde s'est précipité vers l'escalier rudimentaire en bois pour rejoindre le rez de CHAUSSÉE, échappant ainsi à une mort certaine.
Le quatrième jour et les jours suivants à notre grande satisfaction, il a plu,
empêchant d'autres raids aériens.
Il restait encore quelques Allemands dans le village, pendant les bombardements ils étaient dans la cave avec nous pour se protéger, l'un d'eux m'a même donné une tranche de son pain noir, voyant que j'avais faim.
Mais je ne sais pas s'il y en avait encore quand on a su qu'une jeep américaine s’etait présentée a l'entrée du village en repérage. Quelques jours apres ,on a entendu baragouiner quelques mots d'américains. C'etait la preuve qu'ils étaient dans le village.
Dès ce moment-là, l'ambiance a changé,mais nous avions toujours les obus au dessus de nos tetes.certaines personnes ont envisagées de quitter ce coin peu sur.
Ma mère à l'écoute a entendu mon maître d'école parler de rejoindre Luneville par la route à pied. Il etait question de sortir du village vers les américains pendant que leurs canons tiraient et que ceux des allemands étaient silencieux.
Après m'avoir demandé mon avis,elle a confirmé son souhait de partir avec eux.
Tôt le matin nous nous sommes élancés en un groupe d'une dizaine de personnes sur la route menant à la liberté.
nous pouvions distinguer les canons bien alignés en bordure de la forêt de PAROY,
recouverts de filets de camouflage ,nous pouvions même distinguer l'éclair qui se produisait au bout du canon quand l'obus sortait.
Nous marchions le plus vite possible, si bien que nous étions hors d'atteinte lorsque les canons allemands se sont mis a tirer.
Nous avons quitté le petit groupe à l'entrée de Lunéville, car nous devions retrouver des amis habitant la ville. Après le passage nécessaire à la désinfection des poux et autres parasites nous étions prêts pour d'autres aventures.